30 Juin Zones de conflit : faire rimer sécurité et actualité

Pour informer le public, les journalistes parcourent parfois des territoires à risques, où ils sont régulièrement confrontés au danger. Ce n’est pas une évidence pour tous, mais il existe des solutions pour renforcer leur sécurité en reportage.

Camille Lepage, Rémi Ochlik, Johanne Sutton ou encore Patrick Bourrat, autant de noms peu connus du grand public, mais qui ont pourtant laissé leur empreinte dans le paysage médiatique français. Tous étaient journalistes et tous ont perdu la vie en faisant leur travail. Alors que les conflits se multiplient à travers le monde, les reporters prennent toujours plus de risques pour relayer l’information. Certains d’entre eux, moins expérimentés ou plus précaires, partent encore vers des zones sensibles de leur propre initiative, sans souscrire à une assurance adaptée.

« Dégommer un journaliste, ça fait parler »

« Les journalistes sont devenus des cibles de choix. Pour parler clairement, dégommer un journaliste, ça fait parler. Il y a un retentissement », affirme Stéphane Lecoq, membre de la direction de la consommation digitale pour le groupe de protection sociale Audiens. Il y a environ six ans, il a été directement confronté au désœuvrement des journalistes qui ne trouvaient pas de couverture adéquate lors de leur reportage en territoire dangereux. « Ce sont eux qui sont venus frapper à notre porte pour trouver une solution, explique-t-il. Nous avons formé un groupe de travail afin de créer une garantie adaptée à leurs besoins. Un des éléments du cahier des charges était de proposer un prix non prohibitif. Le but était d’inciter les reporters à se couvrir. »

De cet échange est né « Audiens sécurité reportage », une couverture destinée avant tout aux journalistes indépendants qui ne sont pas protégés par un contrat de travail. Elle permet d’être couvert en cas d’accident, de décès ou d’invalidité. Elle prend aussi en charge les frais d’hospitalisation et de rapatriement dans le cadre d’un voyage à l’étranger.

« Selon la formule, les adhérents cotisent de 200 à 400 euros à l’année, indique Stéphane Lecoq. Cela comprend une assistance psychologique, les frais d’avocat s’il y a contentieux et un coffre-fort électronique pour les papiers officiels. Nous proposons aussi une Lifecarte. Il s’agit d’une puce sur laquelle sont regroupées toutes les informations de santé nécessaires en cas d’urgence. »

Coralie Rabatel & Marie Nahmias

Le sac à dos pour les reporters en zones risquées :

Crédit photo de Une : © Kurdishstruggle / CC / VisualHunt