500 personnes à Carpentras pour soutenir la « faucheuse de chaises »

En mars 2016, elle avait volé une chaise et deux fauteuils à l’agence BNP Paribas de Carpentras (84) pour dénoncer l’évasion fiscale : la militante d’ATTAC Nicole Briend comparaissait devant le tribunal ce mardi 6 février. Environ 500 personnes sont venues la soutenir, mais le procès a été renvoyé.

Dès 8 heures ce mardi matin, les rues de Carpentras sont investies par des centaines de militants d’ATTAC, l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne. Drapeaux, slogans et pancartes, comme celle de Josiane, sur laquelle on peut lire « Relaxe pour Nicole », « parce qu’on pense que son action est légitime », précise cette professeure à la retraite.

Poursuivie pour vol en réunion…

Nicole, c’est Nicole Briend, 70 ans, militante d’ATTAC depuis sa création il y a 20 ans. En mars 2016, avec une dizaine d’autres personnes, elle participe à une action de « fauchage de chaises » : une chaise et deux fauteuils volés dans l’agence BNP Paribas de Carpentras. Le but, dénoncer symboliquement l’évasion fiscale, en se posant la question de « qui vole qui ? », selon le slogan préféré des militants, rangés en haie d’honneur sur la route du palais de justice. Parmi ces militants, deux personnalités politiques : Adrien Quatennens, député de la France Insoumise, et Elsa Faucillon, députée communiste.

 

Mais la démonstration de force ne sert finalement pas à grand chose ce matin, l’audience n’aura duré que quelques minutes : le procès est renvoyé au 7 juin prochain.

… et pour refus de se soumettre à un test ADN

La raison du renvoi expliquée par le juge est simple : en plus du vol en réunion, Nicole Briend est également poursuivie pour refus de se soumettre à un test ADN. Or ce chef d’accusation doit être jugé par un collège de trois magistrats, et non pas par un juge seul comme c’était le cas lors de cette session.

Nicole Briend et ATTAC ont été prévenus la veille en fin de journée de ce probable report. Pour le porte-parole d’ATTAC France Raphaël Pradeau, c’est un peu étonnant : « Peut-être qu’on ne voulait pas ce procès avec un millier de personnes aux fenêtres du tribunal », confie-t-il.

Les militants d’ATTAC sous les fenêtres du palais de justice de Carpentras, le 6 février. © ATTAC France

Pourtant pendant l’audience, le juge s’est permis une parenthèse. Évoquant le fait qu’il ne souhaitait pas que le procès de Nicole Briend ne dure plus que de raison, il a parlé des affaires de fraude fiscale : « Il faut des audiences beaucoup plus longues pour ces affaires. Peut-être que si on passait moins de temps sur des dossiers comme le votre, nous aurions plus de temps pour s’occuper de la fraude fiscale ».

Des mots qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’une sourde, et qui donnent confiance à Nicole Briend, qui plaidera la relaxe le 7 juin prochain.

Une nouvelle mobilisation ?

Nicole Briend est déçue par ce renvoi, notamment pour ses nombreux soutiens : « On a dépensé beaucoup de temps et d’énergie pour organiser cette manifestation », souligne-t-elle. Mais elle souhaite renouveler le coup de force pour son procès le 7 juin.

« Peut-être que ce sera pas tout à fait la même chose parce que ça nous a demandé beaucoup d’énergie mais, on tient quoi. On lâche rien ! » – Nicole Briend

« On va réfléchir aux modalités dans les prochains jours, explique pour sa part Raphaël Pradeau. On ne pourra certainement pas faire revenir tout le monde à Carpentras, mais on fera quelque chose ». Mais certains militants sont prêts à refaire le trajet s’il le faut. Ils venaient ce mardi d’un peu partout en France, pour clamer qu’ils étaient « tous des faucheurs de chaises ».

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