Se préserver au féminin

© Demba Diao / CESTI

© Demba Diao / CESTI

Le stand de l’Onusida au village de la francophonie a été pris d’assaut toute la semaine par les plus jeunes : le préservatif féminin devance le préservatif masculin.

L’attraction ! Les animatrices sont débordées, le public s’amasse, les curieux affluent. L’objet de tant d’attention ? Les préservatifs féminins. La plupart des visiteurs les découvrent souvent pour la première fois. Devant les deux tables d’exposition d’Onusida, où sont soigneusement posés les préservatifs, une animatrice n’en revient pas. Elle confie que « depuis l’ouverture du village de la Francophonie, beaucoup de personnes viennent ici pour visiter notre exposition. Les questions des visiteurs qui reviennent le plus sont sur l’utilisation des préservatifs féminins. Et d’ajouter que ce type de préservatif n’est pas assez populaire. Le préservatif masculin est beaucoup plus connu ».

Les visiteurs ont entre 15 et 50 ans. Ils interrogent, se servent en préservatifs. Nombreux sont les jeunes écoliers et écolières, dans leur différentes tenues bleues, marron-beige. Ils viennent de Dakar et de sa banlieue lointaine. Seynabou a 17 ans, elle est en seconde. « Le préservatif féminin, j’en entendais parler mais c’est la première fois que je le vois. » «Franchement, je n’avais jamais vu de préservatifs féminin », explique dans un sourire un peu gêné, Malick, élève de 5ème. L’ambiance est au rire, à la blague potache, le sujet est sérieux, mais tabou, alors il est plus facile d’en plaisanter.

« Qu’est-ce que tu vas en faire ? », demande moqueuse une élève à son amie qui prend un préservatif féminin. « Laisse-moi », lâche-t-elle. « Je ne vais pas l’utiliser comme je n’ai pas encore de copain », jure pour sa part Seynabou Et malgré leur curiosité, les filles n’acceptent pas d’en parler. Les rares à s’exprimer prennent le temps de rire, encore et encore. « Certaines nous ont demandé d’ouvrir le préservatif pour voir à quoi il ressemble et comment on l’utilise, témoigne l’exposante d’Onusida, notre guide du jour. Et nous l’avons fait, précise-t-elle.  Les petites filles aussi en ont emporté. C’est une surprise. Mais je ne sais pas si elles vont ou non», déclare, l’exposante qui semble débordée par ses visiteurs.

Sadibou Sow, étudiant à l’École supérieure des métiers de l’audiovisuel, lui, semble plus convaincu : « Pour éviter le Sida il faut se protéger, ne pas avoir des rapports sexuels avec n’importe qui. C’est la première fois que je vois le préservatif féminin. Il paraît que c’est facile à utiliser ».

Alors que selon Onusida, en 2013, plus de 5 millions d’adultes vivent avec le VIH/Sida en Afrique de l’Ouest et du Centre, le préservatif féminin est donc une arme supplémentaire pour lutter contre le fléau. Reste que la sexualité reste un sujet tabou, dérangeant. Du coup, il n’est pas sûr que les femmes sénégalaises oseront l’acheter et l’imposer à leur partenaire. Pourtant, les Africaines sont les femmes les plus touchées au monde et elles trouveraient ici un moyen de gérer leur propre protection. 

                               

                                                                                                                  DEMBA DIAO