Michaëlle Jean, le nouveau visage de la Francophonie

Michaëlle Jean © University of Saskatchewan / CC / Flickr.com

Michaëlle Jean © University of Saskatchewan / CC / Flickr.com

La Canadienne Michaëlle Jean a été désignée pour prendre les rênes de la francophonie.

Michaëlle Jean a été nommée au poste de Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) lors d’un huit clos des chefs d’Etat des pays membres à Dakar. Elle a été désignée par consensus des 53 pays membres de plein droit de l’OIF.

Cette nomination est doublement inédite. Depuis sa création en 1997, l’OIF n’a jamais été dirigée par une femme. En outre, il existe une règle implicite selon laquelle le Secrétaire général vient d’un pays du Sud. Michaëlle Jean est une Canadienne née à Port au Prince (Haïti) en 1957.

Autour de sa candidature, elle a su fédérer l’approbation des chefs d’Etat africains incapables de s’entendre sur une candidature africaine unique. Quatre pays africains ont présentés un candidat : le Congo, l’île Maurice, le Burundi, la Guinée Equatoriale. Mais il serait injuste d’attribuer la victoire de Jean aux clivages politiques des Etats africains.

Un certain nombre d’atouts dont un brillant parcours et une campagne dynamique et intensive ont plaidé en sa faveur. Ancienne présentatrice vedette de Radio-Canada, Michaëlle Jean a été gouverneure générale du Canada entre 2005 et 2010 et envoyée spéciale de l’Unesco en Haïti. Depuis l’annonce de sa candidature, elle s’est rendue dans une vingtaine de pays à travers les cinq continents pour présenter son programme axé sur les femmes et sur les jeunes. En outre, son charisme et ses qualités humaines ont pesé dans la balance.

Ses détracteurs jugent son élection à la tête de la francophonie incongrue compte tenu de ses anciennes fonctions de gouverneure du Canada et de représentante de la Reine d’Angleterre. De plus, on peut regretter son manque d’expérience en matière de médiation et sa connaissance limitée de l’Afrique, principal terrain d’action de l’OIF.

Mais la nouvelle Secrétaire générale de la Francophonie se dit prête à relever le défi : « Je mesure la tâche qui m’attend et je veillerai à prendre grand soin de l’héritage que nous lègue le président Diouf ». Elle plaide pour une « Francophonie moderne et tournée vers l’avenir ».

Michaëlle Jean prendra ses fonctions en janvier prochain. Elle sera alors à la tête d’une organisation qui compte 77 pays membres et 274 millions de personnes.

MARLYATOU DIALLO