02 Sep Les derniers nomades d’Iran

Encore 5 millions il y a cent ans, les nomades ne sont plus qu’1,5 million aujourd’hui en Iran. Catalina Martin-Chico est allée à leur rencontre.Tous tentent de résister à la sédentarisation et à la modernisation.

« J’ai pris cette photo au mois de février quand je suis venue découvrir les Qashqais et les Bakhtiaris [deux ethnies nomades] pour la première fois. J’avais entendu parler de ces écoles au milieu de nulle part et cela m’avait questionné. J’ai enquêté de longues semaines avant de trouver ces familles. C’était compliqué car tout le monde avait entendu parler de ce peuple mais personne ne savait où les trouver. On m’indiquait seulement d’aller à Chiraz, au sud-ouest de l’Iran.

Il fallait absolument que je trouve une classe car l’accès à l’enseignement pousse à la sédentarisation de ces tribus. Dans ces coins là, il n’y a qu’une école primaire. S’ils veulent continuer à étudier, les jeunes doivent aller en ville. De plus en plus, ils trouvent une porte de sortie à la vie nomadique en allant à l’université.

Finalement, je suis tombée sur cette « tente-école » où un instituteur donne cours pendant six mois près de Qir, dans la province de Fars. J’ai pris cette photo un matin où il faisait très chaud. Il y avait à peu près une dizaine d’élèves, filles et garçons réunis. C’était un très bon moment. L’uniforme des petites filles, la petite tente, le petit tableau noir… C’était trop mignon. Au début, je pensais les photographier à l’intérieur de la tente mais c’était bien trop sombre. Et avec le soleil cela offrait une situation de lumière trop contrastée et très compliquée à photographier.

Au moment où je me demandais comment j’allais faire, ils ont décidé d’eux mêmes de sortir les affaires dehors. Je me suis alors dit : « Super, ça sera plus facile ! » Les enfants, peut-être en raison de ma présence, étaient disciplinés et curieux.

Dans ces pays, ils ont une autre approche de l’apprentissage. Aller à l’école est très important pour eux. »

Nina GUERINEAU DE LAMERIE et Alexis DUCLOS

 

Crédit photo de Une : l’école primaire est présente dans les montagnes. Les enfants nomades peuvent apprendre à lire et à écrire. En revanche, s’ils veulent poursuivre leur éducation, ils doivent quitter les montagnes pour la ville, ce qui arrive de plus en plus fréquemment, éloignant ainsi les jeunes de la vie nomadique. Près de Qir, province de Fars, Iran, février 2016. © Catalina Martin-Chico / Cosmos